Pourquoi Twitter ou Facebook sont-ils interdits dans beaucoup d’entreprises ?
“Facebook trouvera-t-il un jour sa place dans l’entreprise” : C’est la question que pose l’article de ce blog Orange Business Live, découvert par l’intermédiaire de Grégory. Cette question est intéressante mais je pense que la réponse est assez simple à trouver finalement… enfin, vous me direz ce que vous en pensez.
Tout comme le téléphone l’a été il y a des années, comme la messagerie instantanée l’est encore dans la plupart des entreprises, aujourd’hui, les outils comme Facebook ou Twitter sont souvent interdits par les entreprises. Pour quelle raisons ?
Plusieurs me viennent à l’esprit. Les voici :
- La peur que le salarié glandouille : Tout d’abord, la peur des dirigeants c’est que leurs salariés ne travaillent plus et soient tout le temps en train de commenter et de publier sur Facebook ou d’échanger avec leur communauté Twitter. La machine à café virtuelle poussée à son extrême…
- L‘aspect ludique : De la même façon qu’il est difficile de faire comprendre à un dirigeant que MSN est un bon outil de collaboration entre salariés, il est tout autant compliqué de valoriser Facebook et son côté ludique pour un usage professionnel.
- L’éventualité d’attraper des virus ! Ben oui, certains services informatiques préféreront toujours prévenir que guérir et même s’il ne connaissent pas ces outils, ils préféreront de toutes façons mettre la pression pour les interdire, purement et simplement. (pour ma part, je n’ai jamais attrapé aucun virus avec facebook ou twitter, que je sois sous PC ou Mac)
- Les salariés trop bavards ? On a toujours peur de la fuite d’informations stratégiques de l’entreprise par le salarié. ça se voit déjà lors par exemple d’une soirée, un peu arrosée, où un “espion” peut faire parler un salarié d’une entreprise ui en a gros sur la patate et qui, l’alcool faisant peut dévoiler des informations importantes… Ouvrir une fenêtre virtuelle sur l’extérieur comme facebook, c’est un risque car le salarié peut aussi dans ses statuts ou commentaires, dévoiler des informations sur les projets de l’entreprise…
- Enfin, la réputation numérique : comme juste au dessus, un salarié pourrait par exemple utiliser cet outil pour dire du mal de son entreprise.
Alors, quelles solutions :
- Un encadrement par une charte : comme pour les règlements informatiques dans les entreprises, une charte permet d’encadrer et de réglementer à minimum l’utilisation d’Internet au travail.
- Une sensibilisation par service : A mon sens, il est nécessaire d’impliquer les salariés et de les sensibiliser en expliquant d’une part que cet outil est autorisé dans l’entreprise s’ils en ont besoin et d’autre part en quoi cela peut leur servir. Pourquoi par service ? Parce que je dirais que le sentiment d’équipe est important pour les salariés et il faut leur parler selon leur domaine d’activité.
- Une prise de conscience professionnelle : afin de leur faire comprendre que cet outil n’est pas là pour bavarder de leurs projets de vacances ou du dernier né de la famille avec leurs amis, mais bien pour développer, entretenir leur réseau professionnel, trouver des informations, promouvoir leur entreprise ou ses produits, etc…
- Une formation sur le fonctionnement de ces outils et sur leur utilisation : temps à y consacrer, organisation des contacts, dans quels cas utiliser ces outils, comment parler à ses contacts, promouvoir les produits de l’entreprise sur des communautés ciblées, etc…
- Une surveillance de la part des supérieurs : ouvrir ces outils aux salariés peut être une très bonne idée, mais il faut bien sûr contrôler et les dirigeants ou chefs de services doivent eux aussi être actifs sur ces outils, pour à la fois contribuer à la collaboration de ses employés et à la fois modérer et contrôler.
Interdire, c’est pousser les gens à braver l’interdiction et à l’utiliser à mauvais escient. Vous n’êtes pas d’accord ?
Encore une fois, je parle bien ici de l’utilisation de ces outils pendant les heures de travail dans un usage uniquement professionnel, voir de business.
Vos réactions sont les bienvenues !

Bravo Laure,
Entièrement d’accord avec toi.
Comme tous les nouveaux, nouveaux usages, il faut expliquer, donner des règles … çà va mieux en le disant.
Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’interdire l’utilisation des PC portables dans le TGV… pourtant s’il y a deux personnes d’une même entreprises qui échangent autour d’une présentation, d’un appel d’offres ou autres reportings, c’est diablement plus dangereux que tous les twitter et autres FB….
Mais là, c’est moins technologique et c’est du simple bon sens. . .
A très bientôt
@pminguet > Merci Pascal
à très bientôt !
Peut-être que les réseaux sociaux et autres outils collaboratifs sont plus utilisés dans les TPE dirigées par des équipes plutôt jeunes (je n’ai pas de stats là-dessus). Mais il est vrai que dès qu’une entreprise dépasse un nombre conséquent de salarié et se retrouve à gérer un parc informatique complexe, les DSI font souvent preuve de frilosité (mais ne les oblige-t-on pas plus haut à cette frilosité ?) face à des outils que beaucoup d’entre elles maîtrisent mal.
A mon avis, la peur de la glandouille est sûrement plus importante que la peur de la divulgation de données professionnelles (sauf peut-être pour certaines sociétés qui détiennent des secrets industriels). Alors qu’en plus la plupart des sociétés réticentes à mettre en place des pratiques de travail via des outils comme Facebook ou Twitter, ne s’aperçoivent même pas qu’elles pourraient bien mieux “contrôler” les actions des salariés plus facilement que lorsque ceux-ci sont planqués dans leurs bureaux !
Un billet fort intéressant et constructif! Merci…